Alors que l’environnement des affaires continue d’évoluer rapidement, les éléments liés à l’environnement, au social et à la gouvernance (ESG) deviennent de plus en plus cruciaux pour les opérations et la planification stratégique des entreprises. Avec l’évolution des valeurs sociétales mettant l’accent sur une conduite durable et responsable des entreprises, des structures réglementaires ont été mises en place pour faire respecter et normaliser les rapports de durabilité.
À l’avant-garde de cette évolution se trouve l’Union européenne, qui a lancé deux initiatives principales : Directive concernant les rapports sur le développement durable des entreprises (CSRD) et la norme européenne de reporting sur le développement durable (ESRS). Ces initiatives contribuent aux efforts de l'UE visant à améliorer les pratiques de reporting sur le développement durable dans tous ses États membres. Bien qu'elles soient interdépendantes, la CSRD et l'ESRS jouent chacune un rôle unique dans le cadre plus large de la transparence en matière de développement durable des entreprises.
Dans l’analyse suivante, nous explorerons ces deux éléments essentiels du plan de développement durable de l’UE, en nous concentrant sur leurs objectifs, leurs implications et les distinctions clés entre le CSRD et l’ESRS.
Qu'est-ce que l'ESRS ?
Normes européennes d'information sur le développement durable (ESRS) Les normes EFRAG sont un ensemble de normes élaborées par le Groupe consultatif européen pour l'information financière (European Financial Reporting Advisory Group) [2]. Ces normes sont conçues pour fournir des orientations détaillées sur les informations que les entreprises doivent divulguer sur leurs performances en matière de développement durable. L'objectif de l'ESRS est d'harmoniser les rapports sur le développement durable dans toute l'UE, en permettant aux parties prenantes de comparer et d'évaluer plus facilement les pratiques de développement durable des différentes entreprises.
L'ESRS couvre un large éventail de sujets, notamment les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Cette approche globale garantit que tous les aspects des opérations d'une entreprise et leur impact sur l'environnement et la société sont rapportés de manière transparente. L'ESRS est conforme aux normes mondiales de durabilité, telles que celles définies par l' Global Reporting Initiative (GRI) et le Groupe de travail sur les informations financières relatives au climat (TCFD).
Qu'est-ce que CSRD ?
Directive concernant les rapports sur le développement durable des entreprises (CSRD) Il s'agit d'un cadre réglementaire introduit par l'Union européenne pour améliorer et étendre la directive sur l'information non financière (NFRD) [1]. La CSRD vise à accroître la cohérence, la comparabilité et la fiabilité des informations en matière de durabilité divulguées par les entreprises.
La CSRD impose à un plus large éventail d’entreprises, notamment les sociétés cotées, les grandes sociétés non cotées et les PME (petites et moyennes entreprises), de se conformer à des exigences de reporting plus rigoureuses et normalisées. Cette directive garantit que les informations sur la durabilité sont communiquées de manière plus structurée et plus accessible, améliorant ainsi la qualité des données mises à la disposition des investisseurs, des consommateurs et des autres parties prenantes.
Principales différences entre ESRS et CSRD
Bien que l'ESRS et le CSRD soient étroitement liés, ils servent des objectifs différents et ont des caractéristiques distinctes :
1/ Nature et portée:
- ESRS:Il s’agit de normes de reporting détaillées qui fournissent des directives spécifiques sur les informations en matière de durabilité que les entreprises doivent divulguer.
- CSRD:Il s’agit d’une directive qui définit le cadre réglementaire et les exigences légales en matière de rapports sur la durabilité, en précisant quelles entreprises doivent publier des rapports et sur quoi elles doivent publier des rapports.
2/ Objectif:
- ESRS:Se concentre sur la normalisation du contenu et du format des rapports de développement durable afin de garantir la cohérence et la comparabilité.
- CSRD: Vise à élargir le champ des entreprises tenues de rendre compte de leur développement durable et à garantir la fiabilité et la transparence des informations communiquées.
3/ Application:
- ESRS: Applicable aux entreprises de l'UE qui relèvent du champ d'application de la CSRD, leur fournissant des lignes directrices sur la manière de déclarer.
- CSRD:S'applique à un éventail plus large d'entreprises, y compris celles qui n'étaient pas auparavant couvertes par la NFRD, et garantit le respect des nouvelles exigences en matière de déclaration.
Comment l’ESRS et le CSRD fonctionnent-ils ensemble ?
L'ESRS et la CSRD sont conçues pour fonctionner en tandem afin de créer un écosystème solide de reporting en matière de développement durable dans l'UE. La CSRD définit le cadre juridique et les exigences générales en matière de reporting, tandis que l'ESRS fournit les normes détaillées que les entreprises doivent suivre pour se conformer à la CSRD.
Par exemple, une entreprise soumise à la CSRD devra se conformer aux exigences de reporting énoncées par la directive. Pour s’assurer que ses rapports répondent à ces exigences, l’entreprise suivra les lignes directrices fournies par l’ESRS. Cette approche intégrée garantit que les rapports de durabilité sont à la fois complets et comparables entre différentes organisations.
Et ensuite ? Conséquences pour les entreprises
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Premier exercice financier couvert | Première année de déclaration |
| Les grandes entreprises soumises à la NFRD | 2024 | 2025 |
| Les grandes entreprises ne sont pas soumises à la NFRD | 2025 | 2026 |
| PME | 2026 | 2027 |
| Sociétés hors UE | 2028 | 2029 |
À compter de l'exercice 2024, toutes les sociétés précédemment alignées sur la NFRD sont tenues d'adopter le protocole de reporting ESRS, les premières soumissions étant attendues d'ici 2025. Pour les grandes sociétés qui ne relèvent pas de la compétence de la NFRD, leur transition vers l'ESRS sera initiée au cours de l'exercice 2025, la soumission de leur rapport inaugural étant prévue au CSRD de l'UE en 2026.
En outre, les PME (cotées et non cotées) opérant au sein de l’Union européenne entameront leur parcours de reporting en 2027, pour l’exercice 2026. La phase finale de cette transition s’applique aux sociétés non européennes qui génèrent un chiffre d’affaires annuel supérieur à 150 millions d’euros au sein de l’UE et qui disposent d’une succursale dans l’UE dont le chiffre d’affaires dépasse 40 millions d’euros. Cette cohorte devrait adhérer au nouveau protocole de reporting d’ici 2029.
L’introduction de la CSRD et le développement de l’ESRS ont des implications importantes pour les entreprises opérant dans l’UE :
- Exigences accrues en matière de rapports:De plus en plus d’entreprises seront tenues de rendre compte de leurs pratiques en matière de développement durable, et la profondeur et l’étendue des informations requises augmenteront.
- Normalisation:Les entreprises devront adopter des pratiques de reporting standardisées, ce qui facilitera une meilleure comparaison et un meilleur étalonnage entre les secteurs.
- Transparence accrue:Les parties prenantes, notamment les investisseurs, les consommateurs et les régulateurs, auront accès à des informations sur la durabilité plus fiables et comparables.
- Conformité:Les entreprises devront s’assurer qu’elles sont conformes aux exigences CSRD et aux directives ESRS pour éviter les risques juridiques et de réputation.
Conclusion
La CSRD et l'ESRS sont des étapes clés dans la transition de l'UE vers un environnement d'entreprise durable. En normalisant les pratiques de reporting et en améliorant la qualité des informations révélées, ces initiatives fournissent aux parties prenantes les informations nécessaires pour prendre des décisions judicieuses, instaurer des transformations positives et contribuer à un avenir plus juste et plus vert. Lorsque les entreprises s'alignent sur ces cadres, elles ne se contentent pas d'adhérer aux normes réglementaires, mais s'établissent également comme des précurseurs en matière de durabilité, démontrant leur capacité à aborder avec confiance et détermination le paysage complexe des facteurs ESG.
Références:
[1] https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/BRIE/2021/654213/EPRS_BRI(2021)654213_EN.pdf
